Tournus

 

Tournus, située à une vingtaine de kilomètres au sud de Chalon-sur-Saône accueille ses visiteurs dans une atmosphère déjà nettement méridionale. Platanes le long de la rivière, façades aux teintes pastel qui possèdent de curieuses excroissances sous la toiture en forme de pierres percées horizontalement : c'est l'ancien quartier de la pêcherie où les filets séchaient au soleil, suspendus à des barres de bois soutenues par ces pierres telles d'énormes tringles à rideaux.

Les maisons de la petite ville, couvertes de tuiles creuses aux innombrables nuances de rose, se serrent les unes contre les autres, en rangées légèrement courbes. De la mosaïque des toits, dans une parfaite harmonie, émergent les clochers des églises, Saint-Philibert au nord et Sainte-Madeleine au sud. A l'ombre de la première, le musée bourguignon Perrin-de-Puycousin, avec ses collections de costumes traditionnels et de meubles bressans, rappelle la vie rurale d'autrefois avec un réalisme saisissant. Les collections d'art et celles d'archéologie locale appartenant à la ville, rassemblées dans un musée dédié au peintre Greuze, natif de Tournus, sont en cours d'aménagement dans l'ancien Hôtel-Dieu.

EGLISE SAINT PHILIBERT

Saint Philibert de Tournus est la plus ancienne des grandes églises romanes de Bourgogne. Son immense façade, percée de rares ouvertures, témoigne des temps mouvementés qui l'ont vu naître. Par le narthex obscur, on pénètre dans la nef, extraordinairement lumineuse grâce à de grandes baies, empreinte de sérénité. La maçonnerie apparente des murs et des hautes piles rondes donne à l'édifice un caractère à la fois archaïque et très moderne.

Le déambulatoire, la crypte, la chapelle Saint Michel située au-dessus du narthex offrent au visiteur une succession de coups d'oeil et d'atmosphères. La paix chaleureuse du cloître lui fera retrouver, non sans émerveillement, le monde extérieur, dans une atmosphère déjà méridionale.

Photo Tournus
Photo I. QUINTANA/C.R.T. Bourgogne

L'HOTEL-DIEU

Au sud de la Bourgogne, à quelques pas d'une des abbayes romanes les plus célèbres de France, l'Hôtel-Dieu  de Tournus est un témoin privilégié de l'histoire hospitalière occidentale. Construit au 17ème siècle, l'établissement a fonctionné jusqu'en 1982.

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Le premier établissement d'assistance attesté à Tournus est l'aumônerie de l'abbaye Saint-Philibert (fin du IXe siècle). L'hôpital Saint-Jean apparut ensuite. Il est cité dans des testaments à la fin du XIVe siècle. Situé hors des murailles de la ville, c'est une modeste maison destinée aux pauvres « passants ». Elle est constituée d'une "grande nef galerie, une maison, un jardin, une terre et un cimetière".
Le 6 septembre 1613, l'hôpital est installé en ville, dans l'hôtel de la prévôté, puis, 12 ans plus tard, dans le collège de la rue des Lambrois. Agrandi dans les années 1660, le nouvel établissement reçoit son règlement en 1672. Il est confié aux soeurs de Beaune et contrôlé par un conseil de 11 représentants du clergé et des habitants. L'Hôtel-Dieu de Tournus est né.
Un inventaire de 1688 permet d'en reconstituer le décor avec précision.

Au coeur de l'établissement, la salle des malades comporte 18 lits en alcôve, parés de teintures rouges de serge de Dijon et fermés de rideaux de toile blanche. La literie de plume est ajustée dans un cadre de bois. A la tête, un escabeau de chêne vert sert de table de nuit. On y dépose un petit bassin à cracher. Les autres meubles : une grande table de noyer et deux armoires, sont simples et de bonne qualité.
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L'équipement général comporte une dizaine de bassins de cuivre dont un, pour laver les mains des malades. L'éclairage est fourni par une grande lampe et des chandeliers. La cheminée ne pouvant suffire à adoucir l'important volume d'air, chaque lit est réchauffé avec des rouleaux et des bassinoires puis protégé d'épaisses couvertures et d'édredons.

Au début du XVIIIe siècle les administrateurs décident de construire une seconde chambre de 18 lits, permettant de séparer les hommes des femmes. La nouvelle chapelle Saint-Valérien (1712) est installée entre les deux salles.
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Au XVIIIe siècle, l'établissement devient hôpital civil et militaire. Il faut encore l'agrandir. La troisième chambre contenant 20 lits est achevée en 1792. Au milieu du XIXe siècle, le confort est amélioré et la chapelle est reconstruite à l'extrémité de la salle neuve, dite des soldats.

A proximité se trouve l'une des plus anciennes et des plus riches apothicaieries conservées de nos jours. Conçue au XVIIe siècle elle abrite plusieurs centaines de pots en faïence de Nevers et de flacons en verre soufflé disposés dans un remarquable meuble à colonnettes.

Ouvert du 1er avril au 31 octobre.


MUSEE GREUZE
Le Musée Greuze rend hommage au plus célèbre artiste natif de Tournus : Jean-Baptiste Greuze (1725-1805). Peintre du roi, ami du philosophe Denis Diderot et chantre de la vertu, Greuze connut un immense succès au XVIIIe siècle. Sa renommée, qui s'étendait alors jusqu'en Russie, fait de lui l'un des peintres essentiels dans l'histoire de la peinture française. Greuze est évoqué dans le musée à travers des peintures et surtout de nombreux dessins très prisés.

Le reste des collections se compose d'objets archéologiques (dont une trousse ophtalmologique unique du IIe siècle et d'exceptionnelles plaques-boucles en argent damasquiné du VIe siècle), de peintures (Frans II Francken, F. Grimaldi, Adolphe Appian...) sculptures et d'art contemporain.

Pour en savoir plus :
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2, Place Carnot
71700 TOURNUS

Tel. : 03.85.27.00.20
Fax : 03.85.27.00.21
Mél : Ot.tournus@wanadoo.fr